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2-Le bois et sa préparation

LE BOIS

Un panneau de bois se caractérise par son essence et sa structure ( découpe, assemblage… ) Les bois employés par les peintres jusqu’au XVI ème siècle étaient des bois d’essence locale.

Aux Pays Bas , dans le nord de la France : le chêne.

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Au sud de la France : le chêne, le noyer et le peuplier.

En Italie : le peuplier, le saule, le hêtre.

En Espagne : le noyer, le peuplier, le pin sylvestre ou maritime suivant les régions.

Les peintres employaient les bois qu’ils trouvaient sur place même si ce n’était pas le meilleur. Les résineux, par exemple, ont un défaut : en vieillissant les fibres du bois se resserrent et peuvent propulser à la surface des traces de résine, néfastes à la peinture.

Autre exemple : le peuplier est un arbre à croissance rapide, spécialement quand il pousse au bord de l’eau, ce qui donne un bois tendre. Avec les changements climatiques, il tend à se rétracter et à gonfler davantage que les bois d’arbres à croissance lente comme les chênes utilisés par les peintres du Nord de l’Europe. Ce qui pouvait amener les planches à se gauchir et parfois même à se fendre. Le peuplier est de surcroît particulièrement sensible aux infestions des vers à bois et en cas d’humidité il peut être atteint par la moisissure. Cependant, en dépit de ses nombreux défauts, les peintres italiens utilisaient le peuplier, car ils n’avaient sans doute pas le choix de faire autrement. Les forêts étant détruites pour faire de la place à l’agriculture et aux pâturages nécessaires à l’élevage, le bois manquait autour de la Méditerranée. Le peuplier autochtone était donc le seul arbre disponible et fournissant des planches de taille raisonnable.

Les rondins étaient débités toujours en planches relativement épaisses, à cause de la faiblesse et du manque de densité du peuplier. Les planches étaient emmagasinées jusqu’à ce qu’elles soient sèches et prêtes à l’emploi. Un séchage insuffisant entraînait une rétractation des planches pendant qu’elles continuaient à perdre leur humidité. Le bois travaillait donc, ce qui pouvait entraîner des fissures et craquelures prématurées du panneau.

Pour obtenir un panneau durable et de qualité, les planches devaient être sciées dans le sens de la hauteur du tronc. Les anneaux de croissance, clairement visibles sur la tranche du panneau, étaient perpendiculaires à la coupe. Ainsi coupé, le panneau avait une forme stable, même si le bois subissait humidité ou sécheresse.

A moins que la peinture soit de très petite taille ou longue et étroite comme une prédelle, il était nécessaire de joindre plusieurs planches entre elles pour faire le panneau.

L’ ENCOLLAGE

Dans ce domaine il faut faire la distinction entre les encollages traditionnels et les nouveaux encollages à base de résines synthétiques. Compte tenu de notre propos qui est de retrouver le savoir faire du métier du peintre, nous ne parlerons que des encollages traditionnels à base de colles de peau.

L’encollage, rapide et facile à faire, est une opération indispensable et primordiale à la bonne tenue et conservation de la couche picturale.

Rôles de l’encollage

 Liaison entre le support et la couche picturale

Qu’il s’agisse de bois ou de toile, les supports sont d’origine cellulosique, c’est à dire constitués de fibres avides d’eau. Ils sont donc sensibles à l’eau, à l’humidité de l’air et réagissent fortement en se contractant ou en se détendant, contraction en cas d’humidité importante, extension en cas contraire.

L’encollage va donc pénétrer les fibres et va permettre une bonne liaison vers le support. En séchant la colle offre une surface aux minuscules aspérités couvertes de colle qui permettront une bonne liaison vers les couches suivantes.

 Isolation du support de la couche picturale

La cellulose est attaquée par les acides gras contenus dans les huiles. C’est la « brûlure » Il est donc indispensable d’isoler ces supports de la couche picturale.

 Réduction de la porosité du support

En pénétrant les fibres du support, l’encollage va l’empêcher d’absorber les premières couches de peinture.

Les colles d’encollage traditionnel

 Les colles de peau

On appelle colle de peau une grande variété de colles obtenues par cuisson de matières riches en collagène : os, cartilages, tendons, peaux de divers animaux, cuir. ….En fait les propriétés de ces colles diffèrent selon leur matière première.

Les colles d’os et de nerfs, trop fortes pour les peintres, sont réservées à l’ébénisterie. La colle préconisée par Cennini pour l’encollage des panneaux était faite en faisant bouillir des rognures de parchemins de mouton…Celle qui s’en rapproche le plus et qui a d’excellentes qualités de souplesse est la colle de peau de lapin. C’est celle que nous utiliserons pour encoller les panneaux de bois.

Pratique de l’encollage

 La préparation de la colle de peau de lapin

La colle se présente sous forme de plaques, de paillettes ou de granulés. Les trois présentations garantissent les mêmes propriétés dans la mesure où il s’agit bien de colle de peau de lapin. La colle en paillettes offre l’avantage d’être plus facilement quantifiable et plus rapidement préparée.

Le trempage

Il faut préalablement faire tremper la colle dans l’eau avant de la cuire. La colle en plaque sera mise à tremper le temps d’une nuit, pour la colle en paillettes deux à trois heures suffiront ; Durant le trempage la colle va gonfler en se gorgeant d’eau.

La concentration de la colle.

Plus il y aura de matière sèche dans un volume d’eau, plus la colle sera forte.

Chaque atelier a ses recettes, la concentration varie de 70g à 120g de matière sèche pour un litre d’eau.

Le choix d’une colle plus ou moins forte dépend de plusieurs facteurs : hygrométrie, température... mais c’est l’expérience qui permet à chacun de déterminer le meilleur degré de concentration pour l’encollage d’un support.

Recette :

Pour simplifier les calculs une bonne méthode consiste à peser la colle sèche et à la mettre à tremper dans 10 fois son poids d’eau .

Une bonne balance de cuisine fait parfaitement l’affaire. Par exemple, une plaque de 32 grammes sera mise à tremper dans 320 g d’eau. On obtient alors une colle dont la concentration n’est ni trop faible ni trop forte. La dimension de la plaque va nécessiter un récipient assez grand type boîte en plastique tupperware, alors que la colle en paillettes peut être mise à tremper directement dans le bocal de verre qui servira aussi à la cuisson. Lorsque la plaque a trempé, la couper en morceaux avec des ciseaux et la mettre avec l’eau de trempage dans un bocal de verre.

La cuisson de la colle

La cuisson doit se faire impérativement au bain-marie et à feu doux. Si la température est trop élevée, la colle va perdre son pouvoir collant.

Elle ne doit surtout pas bouillir. Mettre dans la casserole d’eau un couvercle de manière à isoler le fond du bocal et lui éviter une surchauffe.

Il est important de bien surveiller la cuisson qui est rapide. La colle va fondre, il convient de la brasser avec un bâton en bois de façon à remuer le fond du pot. Dès que la colle est complètement liquide elle est prête.

La conservation de la colle

Quand elle est chaude la colle est liquide, en refroidissant la colle se gélifie.

A l’état de gel la colle peut se conserver un certain temps au réfrigérateur à condition d’avoir été préparée dans des récipients propres et de ne pas être trop exposée à l’air, sinon elle pourrit rapidement en dégageant une odeur nauséabonde.

Quand on en a besoin il faut donc prélever la quantité nécessaire qu’on va faire refondre au bain-marie en ayant soin de refermer et de remettre tout de suite le bocal au frais. Méthode d’autant plus intéressante que les opérations successives de réchauffement et refroidissement abîment la colle.

L’encollage du bois

L’idéal est de passer deux couches d’encollage sur le panneau posé à plat. La colle sera passée tiède.

Afin de ne pas risquer d’oublier une parcelle de la surface du panneau on peut mettre dans la colle un peu de blanc de Meudon de façon à la colorer légèrement, ce qui permettra de mieux surveiller l’avancée du travail.

La première couche avec une colle faible dosée à 70 g par litre qui sera passée à l’aide d’une brosse ronde cordée, ne pas utiliser de pinceaux à virole métallique qui en s’oxydant risque d’abîmer la colle .Picoter à la verticale la surface du panneau de façon à faire entrer la colle à l’intérieur des fibres du bois.

Laisser sécher, ce qui prend quelques minutes.

La deuxième couche avec une colle plus forte à 100 g par litre, bien tirer la colle sans faire d’épaisseur.

Dans le cas d’une seule couche d’encollage, utiliser la colle à 100 g /l.

Il est recommandé d’encoller aussi l’envers du panneau afin d’équilibrer les tensions qui se produisent quand la colle sèche.

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